Distribution minimale

2 femmes -4 hommes (Modulable)
Saynètes écrites entre 2004 et 2016
Droits d'auteur SACD
Durée totale : 90 minutes


Information

Les 12 saynètes

Pour accéder à la présentation de chaque saynète, cliquez sur la photo correspondante colonne de gauche.
Vous y trouverez l'histoire la distribution, un commentaire et un extrait pour chacune d'entre elles.

jeudi 7 avril 2016

OUVERT LE DIMANCHE




Durée approximative : 10 minutes


PERSONNAGES : 2 femmes-1 homme
-       
      Mireille, la coiffeuse
-       Mr Deville, le diable sous l’apparence d’un assureur
-       Gabrielle, l’archange sous l’apparence d’une bonne cliente

Synopsis :
Un salon de coiffure est ouvert le dimanche dans une petite commune. Mireille coiffe régulièrement les mêmes clients.
Elle ne sait pas que parmi eux se cache le Diable qui lui apparaît sous l’apparence d’un assureur et qui essaye désespérément  de lui faire signer un contrat pour lui voler son âme.
Mais Gabrielle, un archange dissimulé sous l’apparence d’une bonne cliente est là pour lui mettre des bâtons dans les roues.

Décor :
Deux chaises face public qui font office de fauteuils de salon de coiffure. Un panneau  « ouvert le dimanche ».

Costumes :
Mireille : costume contemporain
Mr Deville : un costume cravate et un  attaché case. Obligatoirement des cornes sur le dessus de son crâne et les cheveux en brosse. Une fourche.
Gabrielle : Habits blancs. Robe ou pantalon avec chemisier. Une auréole au dessus de la tête, maintenue par une petite tige en fer.
Commentaires : En l'écrivant, il m'est arrivé de penser à ma première pièce "La poisse de Dieu, la farce du Diable" à cause de la présence de l'ange et du démon, la maturité en plus mais toujours avec humour et un athéisme détachement.

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-EXTRAIT-

Une chaise au milieu et une chaise à cour, disposées face public. Mireille, la coiffeuse arrive à jardin sur scène et dépose un panneau « ouvert le dimanche » puis elle se met face public entre les deux chaises, un peigne et une paire de ciseaux à la main. Elle s’active d’une chaise à l’autre en fonction des clients(tes) qui rentrent.[1]

Mireille
(Joviale)
(Sonnette d’entrée) Bonjour Père Duquesne…Alors, je vous dégarnis le contour ? Ras et propre ? Pas de soucis, je vous fais ça. Vous allez avoir une coupe divine pour la messe de ce matin. (Sonnette d’entrée) Bonjour, Mme Murillo…Une nouvelle coloration ? Oui c’est possible. Vous allez à un baptême cet après-midi ? Ne vous inquiétez pas, vous aurez la bonne couleur avant 11 heures. (Sonnette d’entrée) Mr Martin ! Encore vous…je vais croire que vous ne pouvez plus vous passer de mon peigne et ma tondeuse, je vous taille le bouc comme d’habitude… (Sonnette d’entrée) Mme Tessier…Une permanente ? Pas de soucis, j’assure jusqu’à 17 heures.

Elle souffle de manière satisfaite puis retourne vers le panneau et se prépare à sortir avec en coulisses.

Sonnette d’entrée. Un homme habillé en costume cravate entre, un attaché-case dans une main et une fourche dans l’autre. Deux petites cornes rouges dépassent du dessus de sa tête. 
Mireille ne prête pas du tout attention aux cornes et à la fourche.

Mr Deville
Bonsoir.

Mireille
Monsieur Deville… j’allais fermer. Mais entrez, je vous en prie.

Mr Deville
Merci. Inutile de m’en prier très chère.

Mireille
(Désignant la fourche)Je prends votre canne ?

Mr Deville
Je préfère la garder avec moi. (Il va s’asseoir sur le siège à cour, sa fourche à la main). Je me sens démuni sans elle.

Il dépose son attaché-case à ses pieds.

Mireille
Alors, je vous coupe de nouveau les cheveux en brosse ? C’est incroyable comme ils poussent vite depuis la semaine dernière.

Mr Deville
Vraiment ? Je n’y prête guère attention. Le travail, le travail, le travail… Mes cheveux sont bien le dernier de mes soucis.

Mireille
Vous êtes bien le seul.

Elle s’active avec une paire de ciseaux et un peigne au-dessus de la tête de Mr Deville comme si elle dégarnissait un surplus de cheveux.
Cie Prêts-textes-juillet 2017- Sainte Marie (La Réunion)


Mireille
Ils sont épais mais se coupent facilement. Je vous ai déjà dit que je n’en avais jamais vu comme les vôtres ?

Mr Deville
Oui la semaine dernière et la semaine précédente. Dites-moi, Mireille…Vous permettez que je vous appelle Mireille ?

Mireille
Oui bien sûr. (Plaisantant) Nous sommes à un cheveu d’être intimes, vous le savez bien.

Mr Deville
Toujours le mot pour rire, très chère, j’adore…c’est exquis. Dites-moi Mireille, auriez-vous signé cette assurance-vie que je tente de vous faire souscrire depuis presque trois semaines maintenant ?

Mireille
L’assurance-vie…Ah, mon Dieu !

Mr Deville
Inutile d’invoquer Dieu, croyez-moi…

Mireille
Vous allez m’en vouloir terriblement mais je crois bien avoir égaré le papier depuis la semaine dernière…et  sans ma signature évidemment.

Mr Deville
Égaré ? Le premier contrat s’était envolé et avait été emporté par le vent et celui-ci vous l’avez… égaré ? Ne seriez vous pas un peu étourdie malgré que votre charme exquis, chère Mireille ?

Mireille
Le premier, je n’y suis pour rien. Visite de dernière minute de Gabrielle. Vous savez, l’organiste de l’église...

Mr Deville
Gabrielle (Entre les dents) Oui, je vois qui c’est.
Il tapote des doigts le manche de sa fourche, visiblement agacé.

Mireille
Elle entre, tout juste après que vous soyez parti. Et là un vent sorti de nulle part, alors le ciel était dégagé, s’engouffre dans mon salon de coiffure et emporte tout. La publicité, les revues, les cartes de visite et évidemment votre contrat. Gabrielle, confuse, alors qu’elle n’y était pour rien, m’a aidé à tout ramasser mais votre contrat a été introuvable.

Mr Deville
Incroyable…

Mireille
Et le second… Eh bien, figurez-vous, que je l’avais rangé dans le tiroir de mon guichet dans le but de le lire plus tard et j’ai dû le déplacer avec autre chose parce qu’il s’est volatilisé. Impossible de remettre la main dessus.
Cie Prêts-textes-juillet 2017- Sainte Marie (La Réunion)

Mr Deville
Ôtez-moi d’un doute…la semaine dernière, j’étais bien votre dernier client ?

Mireille
Non. Justement. Gabrielle est venue juste après vous pour faire une petite coupe.

Mr Deville
Évidemment…Une petite coupe dans le contrat, oserais-je dire…

Mireille
Rhooo…Mr Deville…Qu’allez-vous imaginer ? Comme si la pauvre Gabrielle ne voulait pas que je signe votre assurance-vie…Elle porte peut-être un peu la poisse mais de là à penser que…

Mr Deville
Peu importe. J’ai fort heureusement un autre exemplaire dans mon attaché-case et si vous vouliez bien le signer. Il a toutes les modalités usuelles, plus un avantage exceptionnel pour vos héritiers en cas de décès qui se traduit par…
Sonnette d’entrée. Une femme entre. Elle est habillée en blanc et a une petite auréole au-dessus de la tête. Comme pour les cornes de Mr Deville, Mireille ne semble pas les voir.

Mireille
Oh ! Gabrielle ! Justement vous voilà.


[1] Ceux-ci sont évidemment virtuels pour des raisons pratiques.

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